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mercredi 29 novembre 2017

La France va mesurer les pesticides dans l'air à partir de 2018

29 novembre 2017.

La France va mesurer les pesticides dans l'air à partir de 2018

Près de 90 substances prioritaires seront surveillées. Très volatil, le glyphosate nécessitera un protocole coûteux

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La France va mesurer la pollution aux pesticides dans l'air. La fédération des associations de surveillance de la qualité de l'air (ATMO France) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) devaient signer, mardi 28  novembre, une convention et un accord-cadre pour améliorer les connaissances sur les pesticides dans l'air ambiant et l'exposition des populations.
Ce partenariat prévoit que les organismes qui contrôlent la pollution de l'air comme Airparif, Air PACA ou Air Breizh mettent en œuvre, à partir de 2018, une campagne exploratoire nationale de mesure des pesticides – un premier pas vers une réglementation des concentrations de pesticides dans l'air. Aujourd'hui, seuls quatre polluants sont réglementés et font donc l'objet d'une surveillance quotidienne : les particules fines (PM10, de taille inférieure à 10 micromètres), le dioxyde d'azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2) et l'ozone (O3).
Cette campagne s'inscrit dans le cadre de l'arrêté du 10  mai 2017 qui établit le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) pour la période 2017-2021, lequel prévoit d'évaluer et de réduire la présence de pesticides dans l'air. " Elle doit permettre de définir prochainement une stratégie nationale de surveillance ", indique Guy Bergé, le président d'ATMO France.
" Résultats partiels "Dans son rapport de janvier  2016 sur les politiques publiques de lutte contre la pollution de l'air, la Cour des comptes avait recommandé à l'Etat de " rendre obligatoire la surveillance par les AASQA - Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air - de la présence dans l'air des pesticides les plus nocifs ".
Les AASQA savent déjà mesurer la présence de pesticides. Elles collectent des données sur les concentrations dans l'air depuis 2000." Ces premières campagnes territoriales ont permis de mettre en évidence leur présence près des zones agricoles comme dans les villes, et de montrer que l'exposition par voie aérienne représente une composante importante dans l'exposition totale aux pesticides ", précise-t-on à ATMO France. Mais comme l'explique sa déléguée générale, Marine Tondelier, " jusqu'à présent, ces mesures se faisaient sur la base du volontariat, avec des régions précurseures comme le Centre ou Poitou-Charentes, mais chacune en fonction d'objectifs différents, avec son protocole, et donc avec des résultats sans homogénéité et forcément partiels ".
La campagne durera un an. Des prélèvements seront effectués sur deux sites par région. " L'objectif est d'évaluer l'exposition moyenne de la population aux pesticides, et de montrer que celle-ci n'est pas seulement due à l'alimentation ou à l'eau mais aussi à l'air ", précise Marine Tondelier.
" Valeur guide "Près de 90  substances, jugées comme hautement prioritaires ou prioritaires en fonction de leur présence avérée dans l'air ou de leur dangerosité pour la santé, seront recherchées. Ainsi du glyphosate, du fipronil ou encore du chlordécone.
Le budget d'un million d'euros est abondé en partie par la fiscalité sur les pesticides, via le plan Ecophyto. Une grande partie devrait être aspirée par le seul glyphosate : à cause de sa très grande volatilité, l'herbicide nécessite une méthode d'analyse et des appareils de mesures spécifiques.
De son côté, l'Anses entend " évaluer l'exposition chronique de la population générale et les risques sanitaires associés " et précise qu'" en l'absence de réglementation spécifique, la connaissance des niveaux de contamination en pesticides dans l'air ambiant demeure partielle et hétérogène ". François Veillerette, le président de l'association Générations futures, plaide pour " une norme ou une valeur guide " en matière d'exposition aux pesticides qui prenne en compte les riverains des zones de culture afin d'établir des " seuils d'alerte sanitaire ".
Stéphane Mandard

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